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EN PREAMBULE DE MON LEXIQUE

 

Ayant ses racines dans un savoir-faire ancestral qui remonte à cinq siècles de production, la tapisserie est avec certitude très estimée, toutefois elle reste un art bien méconnu du grand public. La « tapisserie de lice » reste souvent liée aux décors du patrimoine, des demeures de la noblesse, châteaux et palais et maintenant aussi parfois espaces publics. Les musées, dépositaires favorisés de ces œuvres d’art, sont la vitrine d’un prestige et d’une manufacture complexe très appréciés et dont l’achat paraît souvent inabordable.

La dame à la licorne et d’autres œuvres du XVe jusqu’au XVIIIe siècle qui sont très populaires et admirées estompent la remarquable production contemporaine qui reste cependant et hélas connue que d’un nombre très restreint d’amateurs malgré les artistes de renommé internationale qui ont produit des cartons. Pour souligner cette méconnaissance, il est important de mettre en évidence l’amalgame qui est fait entre des réalisations artistiques totalement différentes, tant sur le plan technique que sur la valeur de la réalisation, qui leur octroie la reconnaissance en tant qu’œuvre d’art.

En effet, comment dans notre inexpérience différencier un tissage de basse lice (ou haute lice), un canevas, des reproductions mécanisées ou une tenture imprimée ? Souvent et à tort la dénomination tapisserie est un tout dans notre parler.


Immédiatement après la dernière guerre mondiale, des artistes cartonniers de renom ont œuvré à remettre au goût du public cet art et des créations remarquables ont été tissées par des manufactures qui ont œuvré pour l’éclosion et la renaissance du tissage d’art mural.


La tapisserie traditionnelle doit déjà être différenciée du tissage, sachant que le licier traite chaque fil de chaîne un à un pour y introduire les coloris souhaités (de 400 à 600 heures de travail au m²), alors que le tisserand opère par les vas et viens d’une navette généralement sur l’ensemble de la largeur de son ouvrage.

Le canevas pour sa part porte aussi le nom de tapisserie à l’aiguille car il s’apparente à la broderie bien qu’ayant un point qui visuellement imite le tissage (point de Gobelin). Cette production est encore aujourd’hui un compromis qui a permis de produire des œuvres plus abordables tout en gardant le statut « d’œuvre d’art ».


Cette vulgarisation s’est aussi consolidée avec l’aide des techniques d’impression par sérigraphie sur coton et nous trouvons des « tentures » qui restent très abordables mais ne peuvent être assimilées à une œuvre tissée. Souvent de bonne prestation, la confusion avec le tissage de lice reste encore fréquente.

Un glossaire à consolider encore .... Merci de votre aide !



 
Illustration de Vieillard Martine


Alentour : Bordure tissée qui entoure la tapisserie. Cette personnalisation d'un large "liseré" (parfois ornementé) a été bien souvent délaissé dans le tissage moderne, et de plus en plus dans les oeuvres contemporaines.

Basse lisse
(lice) : Technique de tissage où les fils de chaîne sont tendus sur un plan horizontal. Sur ce type de métier le lissier travaille à l'envers et suit en transparence les indications du carton glissé sous le fil de chaîne. Le tissage d'un mètre carré nécessite souvent plus de 250 heures de travail.

Bolduc : Etiquette d'authentification de manufacture. Cousue au verso du tissage, elle donne le nom de l'oeuvre, sa dimension, son numéro de série et la certification de l'atelier de tissage. La signature du cartonnier y est parfois apposée.

Canevas : Toile coton composée de fils de chaîne croisés servant de support aux ouvrages de tapisseries à l'aiguille.

Carton : Dessin de l'oeuvre à tisser, élément fondamental, exécuté généralement sur carton dans sa dimension finale. Ce document artistique est inserré sous les fils de chaîne et il guidera le lissier pour les formes et les coloris. Ne pas oublier, il est la version inversée de l'oeuvre définitive qui sera visible en "Tombée de métier". Il est aussi parfois nommé "Le patron".

Cartonnier : Créateur du motif et de l'oeuvre d'art à tisser. C'est l'artiste qui réalise le "carton"

Chapelet : Ensemble des fils d'échantillonnage qui seront le nuancier des couleurs choisies pour le tissage d'une oeuvre.

Croisage : Technique qui évite la fente ou relais, parfois, on la dénome aussi " Liure "

Duite : Correspond à un passage aller et retour du fil de trame. La passée est une traversée simple qu'on nome également demi-duite

Fils de chaîne : Le support du tissage.Ensemble de fil tendus sur le métier et qui sont l'ossature de l'oeuvre ; la tapisserie achevée ces fils ne sont plus visibles.

Flûtes : Tiges de bois sur lesquelles sont bobinées les laines. Une par coloris ; utilisées sur le plan de travail, elles servent au lissier qui compose et en dispose pour la trame selon les instructions du carton et la progression de son tissage. 

Fouler : Action du lissier qui ouvre par alternance deux nappes de la chaîne grâce à une des deux "marches" du métier à tisser.

Haute lisse
(lice) : Technique de tissage où les fils de chaîne sont tendus sur un plan vertical.

Maître de lisse : Artisan "Lissier" qui est en charge avec son savoir faire de l'exécution d'une tapisserie.

Monogramme : Sous forme de pictogramme ou de lettres entrelassées. Tissé dans un coin de l'oeuvre, il certifie de la manufacture de l'atelier qui a assuré le tissage, une forme d'estampille de manufacture.

Ourdissage : Phase de préparation des fils de chaîne qui seront ensuite enroulés sur l'ensouple.

Peigne : Attribut du métier à tisser qui sert pour "battre", approcher et compacter les fils de trame.

Points noués : Importée d'Angleterre, cette technique consiste à reconstituer noeud après noeud le motif en suivant les contraintes du carton puis à passer un fil de trame sur chaque rangée de noeuds et à serrer l'ensemble avec le peigne. Cette variante donne à l'ouvrage une densité et une résistance incomparables.

Relais : Fentes qui se produit dans le sens de la chaîne. Elle est crée par la modification de couleurs généralement reprise par une intervention manuelle de couture, mais le lissier opte parfois au croisage pour éviter cette faiblesse du lien

Sérigraphie : Mode de duplication d'origine chinoise. Permet l'impression de tout matériau plan à l'aide d'un écran de soie perméabilisé selon motifs et coloris. Cette technique utilisée sur coton a permis de rendre plus accessible l'achat d'une "tenture d'art", souvent éditée à des centaines d'exemplaires. (Généralement numérotée et signée par l'artiste sur un "Bolduc").

Trame : Ensemble des fils colorés croisant perpendiculairement les fils de chaîne.

Tombée de métier : La phase finale. Le tissage étant terminé, on coupe les fils de chaîne pour libérer l'oeuvre du métier. Moment très solennel qui dévoile enfin le tissage et est toujours une récompense attendue avec impatience en raison des centaines d'heures investies.

 

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© 2012 Georg BOLTOUKHINE